LECOTONOIS
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Une journée gourmande à Cotonou avec Al Hayyath

Al Hayyath du blog “Plein d’épices” a testé en Février 2017 un budget de 2000 Fcfa, soit environ 4,50 dollars pour se nourrir toute une journée à Cotonou. La blogueuse a bon gout et … de l’appétit. Elle « ouvre le ventre », expression béninoise pour désigner le premier repas de la journée avec un sandwich comme les cotonois en raffolent : « chargement » multiple à base de viande de bœuf hachée, il tient tout gourmand-pécheur sans peine jusqu’à la mi-journée. La suite du périple est tout aussi copieuse. Le soleil de Cotonou donne faim. Bon appétit!
10h 30: Pour mon premier stop de la journée, le petit-déjeuner,  mon choix s’est porté sur une dame servant des Sandwichs, que la majorité des élèves du Collège Catholique Notre-Dame connaissent sûrement très bien. D’ailleurs, c’est une élève de Notre-Dame qui me l’a recommandée. Son stand est situé à quelques mètres dudit collège, le long du mur latéral gauche du CPA (Centre de Promotion de l’Artisanat), à l’opposé de ATC BEKO (fournisseur d’appareils électro-ménagers).
Celle qui m’a recommandé cette “sandwicherie” m’en a dit beaucoup de bien, donc j’avais hâte de goûter à ses fameux pains. Dès mon arrivée, je peux déjà remarquer que ses installations sont propres et que la nourriture est bien protégée des mouches et de la poussière. Le service était aussi impeccable. J’étais accompagnée et nous voulions du pain viennois pour nos sandwichs (parce qu’elle en offre d’habitude). Malheureusement, il ne lui restait que des baguettes françaises. Mais la chère dame, a visiblement à coeur la satisfaction de sa clientèle (ce qui va de pair avec le revenu) parce qu’elle a tout de suite envoyé un employé chercher une cargaison de pain viennois sur Zémidjan (taxi-moto). L’attente a duré moins de 10 minutes pendant que nous nous affairions à prendre les alentours en photos.
Dans mon pain, j’ai choisi de mettre de la viande hachée, un petit mix de légumes (oignons, carottes), de petites tranches d’oeufs bouillis, et une vinaigrette. Elle avait peut-être d’autres garnitures mais mes choix se limitaient à ceux-là. Pour un peu de piquant, j’ai aussi  rajouté un mélange de piment séché en poudre. Mon pain (bien chargé ) me revenait à 700 fcfa.
Quant aux boissons, la “sandwicherie” offrait un bon choix de produits de la SOBEBRA (Société Béninoise de Brasseries), des sodas glacés vendus à 500 fcfa l’unité. J’ai choisi un Moka (soda café) et j’ai promis à la gentille dame que les canadiens et le reste du monde entendraient parler d’elle. Elle a ri. En mordant dans mon pain, je me suis retrouvée dans la cour de récréation du cours  secondaire. Verdict: Un bon pain viennois frais, avec une viande hachée bien cuite, effritée et savoureuse. Validé! Il me reste 800 fcfa.
12h 45: Pour le déjeuner, je suis allée tester une autre recommandation street food: un coin tenu par Maman Foussénan, qui sert du Waatché (Atassi). Son “stand” si je peux m’exprimer ainsi, est situé dans la douzième rue à droite après l’église Catholique Sacré-Cœur ( la rue juste avant le complexe scolaire “les Fauvettes”). Chez Maman Foussénan, c’est propre pour de la street food.
Pour servir, elle portait un tablier et avait la tête nouée, ses emloyées aussi. Je n’ai pas pu prendre des photos de l’emplacement parce que j’y étais à une heure de grande affluence et je ne voulais pas indisposer les personnes qui mangeaient sur place (surtout qu’il y en avait beaucoup). Certaines personnes (à tort ou à raison) ont la phobie des appareils photos d’étrangers .  J’ai préféré emporter mon plat pour prendre mes photos chez moi. Pour 500 fcfa, j’ai eu droit à du Atassi, un morceau de poisson frit (maquereau), de la banane plantain frite, du fromage peulh et un mélange de gari. Le Dja était goûteux, un peu gras, mais il suffit de ne pas trop en prendre. Le riz était aussi très bien préparé. J’ai été satisfaite.
17h 11, Il ne me reste plus que 300 fcfa. J’ai décidé de consacrer 200 fcfa à mon goûter pour finir cette journée .
J’avoue que j’aurais pu faire sans le goûter pour m’assurer d’avoir assez pour le dîner . Mais il me fallait bien une excuse pour tester une autre recommandation street food, les fameux Doko (beignets béninois) de la Haie-Vive. Si vous êtes parmi les 2% de Cotonois qui ne savent pas où trouver ces fameux beignets, c’est très simple, prenez la voie à droite juste avant le restaurant Livingstone et tournez dans la deuxième rue à gauche.
Si vous avez lu ma publication sur le Yovo-Doko, vous savez que les derniers beignets qui m’ont marquée étaient ceux vendus à côté de mon école secondaire. C’est donc vous dire à quel point j’avais hâte de faire la comparaison .
J’étais accompagnée. Dès notre entrée dans la rue, une affluence était nettement visible. Elle était composée d’enfants (écoliers et autres) et d’adultes, dont les motos et les voitures étaient garées de part et d’autre de la rue. À notre descente de la voiture, un choeur qui émanait de l’affluence nous a acccueilli: “Tantie, mi sa 100 francs nou nou mi (Tantie, servez-moi 100 fcfa de beignets), je veux pour 200, moi, 300. Tantie, j’étais là avant eux, Tantie, j’attendais depuis! etc..” La scène m’a arraché des sourires.
Ici aussi, un bel accueil! Voyant mon appareil photo, la belle dame qui faisait frire les beignets me demande d’approcher, nous dit un bonsoir poli et me suggère d’attendre  qu’elle recommence à frire de nouveaux beignets afin d’avoir des photos plus complètes et plus belles!  J’ai adoré cette gentillesse, mais surtout cette fierté et cette rigueur qu’elle a de s’assurer d’une représentation optimale de son produit. Elle m’a dit qu’elle commence à frire vers 16 heures et termine ses ventes vers 19 h 30. Tellement enjouée, elle discute et taquine gentiment ses clients.
Les beignets, vendus  à 10 francs l’unité, disparaissent  aussitôt qu’on les dépose dans ce panier où ils sont égouttés. Nous avons attendu à peu près une demie-heure pour enfin en avoir. Cela en valait largement la peine.Ils sont FABULEUX:  un léger film croustillant à la surface et un intérieur léger, moelleux et spongieux. MEILLEUR DOKO DE COTONOU certifié (en tout cas, à ma modeste connaissance).
Voilà! Au total, j’ai dépensé 1900 fcfa sur le budget de 2000 fcfa que je m’étais alloué. Comme vous l’avez sûrement remarqué, il n’y a pas de dîner, il ne me restait que 100 fcfa. Qu’est-ce que j’aurais bien pu manger de solide avec 100 fcfa? Heureusement, un bon plat chaud de maman m’attendait à la maison.
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